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Approche adaptée et trauma informée du Yoga Nidra

  • Photo du rédacteur: marjolainehering
    marjolainehering
  • 1 juin
  • 4 min de lecture

Il y a quelques années, j'ai découvert le Yoga Nidra, et j'ai immédiatement ressenti ses effets apaisants, régulateurs du sommeil, profondément reposants pour le système nerveux.

En tant que danse-thérapeute et yogathérapeute, j’ai envisagé naturellement son potentiel thérapeutique et réfléchi à des adaptations pour des personnes en fragilité psychique. Je me suis pour cela appuyée sur les principes de l’approche trauma informée et plus spécifiquement sur les propositions de David Emerson, qui a développé le yoga trauma informé, et qui écrit dans Overcoming Trauma Through Yoga (2011) « le sentiment de sécurité dans le corps est le préalable à tout travail thérapeutique ».



Quelques mots sur le Yoga Nidra


Le Yoga Nidra, aussi appelé "sommeil yogique", est une pratique de relaxation consciente guidée par la voix. Le pratiquant s'allonge (ou s'installe confortablement) et suit une guidance verbale qui induit un état de conscience entre veille et sommeil (qu’on appelle l’état hypnagogique).

Contrairement à la méditation assise, le Yoga Nidra ne demande pas d’effort particulier de concentration. Il ne requiert ni souplesse, ni expérience préalable, ni forme physique particulière.


Les bénéfices du Yoga Nidra


·       Anxiété et stress 

La pratique régulière du Yoga Nidra réduit significativement l’anxiété et les marqueurs physiologiques du stress (cortisol, tension artérielle, fréquence cardiaque).


·       Dépression 

Des études montrent une amélioration de l'humeur, une diminution des ruminations, une meilleure qualité de sommeil et une réduction de la fatigue chez des patients souffrant de dépression.


·       Addictions 

Des programmes intégratifs incluant le Yoga Nidra sont utilisés dans plusieurs programmes de soin en addictologie. Ils aident à réguler les états émotionnels intenses, à réduire le craving et développent la capacité à tolérer l'inconfort sans y répondre par une conduite addictive.


·       Troubles du comportement alimentaire (TCA) 

La pratique du yoga incluant le Yoga Nidra favorise une reconnexion au corps sans jugement, une meilleure écoute des sensations internes, et une diminution de l'hypervigilance corporelle.


Adapter la pratique du Yoga Nidra


Le Yoga Nidra traditionnel n'est pas sans risques pour des personnes très anxieuses, ayant vécu des traumatismes, ou pour qui la perte de contrôle, même partielle, est source d'angoisse.

Les adaptations que j'ai développées reposent sur un principe fondamental emprunté au yoga trauma informé de David Emerson : favoriser le choix et l’autonomie.


Voici concrètement ce que cela signifie dans ma pratique :


1. L'autonomie comme socle

Dès le début de la séance, je pose un cadre clair : chaque participant peut suivre mes propositions ou ne pas les suivre, bouger ou rester immobile, fermer les yeux ou les garder ouverts, s'installer où il le souhaite dans l'espace. Mes invitations sont des propositions, jamais des injonctions.

Cette posture maintient le sentiment d’autonomie et de contrôle chez les participants. Elle leur permet notamment d’osciller à leur rythme entre différents états : relaxation/vigilance, relâchement/contraction, immobilité/agitation, résistance/acceptation…


2. Le lieu de refuge comme ancre de sécurité

Chaque séance commence par une visualisation du lieu de refuge idéal : un endroit réel ou imaginaire où le participant se sent en sécurité, serein. Ce lieu est construit par lui, pour lui. Il peut y retourner à tout moment de la séance si une image ou une sensation devient inconfortable.


3. Des voyages sensoriels adaptés

Je propose des visualisations de paysages lumineux, ouverts : forêts, plages, prairies, montagnes, rivières… J’y intègre parfois des cabanes, des maisons confortables, ou des cocons, des nids où on peut se lover et se sentir contenu, enveloppé, sans y être enfermé. Je m'appuie beaucoup sur les quatre éléments (eau, air, feu, terre) comme portes d'entrée sensorielles. J’encourage les participants à sentir les rayons du soleil sur leur peau, la fraîcheur de l’eau, le parfum des végétaux… Sont exclus : espaces confinés, sous-sols, grottes, tunnels, nuits trop profondes. Tout scénario à connotation spirituelle est également écarté.


4. L'ancrage corporel

J’amorce mes séances de Yoga Nidra par quelques mouvements doux choisis en fonction de la description que font les participants de leurs sensations corporelles en début de séance (tensions, inconforts, parties du corps qui ont envie de bouger, etc…). Ces mouvements préparent les participants à la relaxation et facilitent l’ancrage corporel.

L'ancrage, sentir le contact du corps avec le sol ou le support, est un élément central. Avant toute visualisation, je guide l'attention vers les points de contact, le poids du corps, la chaleur. Je propose également aux personnes qui le souhaitent des objets lestés : couvertures lestées, coussins lestés posés sur différentes parties du corps. La proprioception induite par ce poids doux a un effet régulateur et offre une sensation de contenance physique.


5. Le temps de parole : avant et après

La séance est encadrée par deux temps de verbalisation :

  • En ouverture : un tour court permet à chacun de dire où il en est, ce qu'il apporte avec lui ce jour-là. Cela favorise la présence et l'ancrage dans le groupe.

  • En clôture : un espace de partage permet d'accueillir et intégrer ce qui a émergé, de nommer les sensations, de ne pas rester seul avec son expérience.


Pour aller plus loin ensemble


Je propose différents types d’interventions en libéral ou en établissement : séances en petit groupe, séances individuelles, séances pour les patients ou séances de sensibilisation pour les soignants.

Contactez-moi si vous souhaitez essayer le Yoga Nidra pour vous ou pour vos patients.


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